Une des punitions qui nous tombe dessus quand on ne performe pas notre genre correctement*, c’est de ne pas être sexuellement attirant-e. Donc quand on est une femme, on a tout intérêt à être féminine. Si on ne le fait pas, on ne sera pas attirante sexuellement** et on aura du mal à trouver une relation (sexuelle) de couple.
Mais quand on est asexuel-le, c’est déjà le cas. Quand on est asexuel-le on ne crée pas de relations sexuelles avec les autres. Et donc la seule raison qu’on peut avoir pour être féminine, c’est que ça corresponde à ce que nous sommes. On ne va pas essayer d’être féminine ou masculin pour plaire sexuellement. Donc en un sens, quand on retire la volonté de se rendre attirant-e sexuellement, le genre devient moins important. Et en même temps, l’importance qu’il conserve est en quelque sorte plus authentique, puisqu’elle correspond vraiment à quelque chose que l’on veut exprimer.
En fait, le genre est pour une énorme part exprimé par et dans la sexualité. L’expression de notre sexualité est parfois notre genre tout entier. Et la question qui se pose c’est donc : à quoi peut bien ressembler l’expression d’une asexualité. Parce qu’au fond, apprendre à maîtriser son identité de genre sans sexualité, c’est pas du tout évident.
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