Pourquoi on ne peut pas se passer d’une éducation à l’asexualité 

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Je suis sûre que beaucoup vont dire : « Mais pourquoi est-ce si important que ton orientation sexuelle soit reconnue sur un site traitant de santé sexuelle ? En quoi ça te regarde si tu ne couches avec personne ? » D’ailleurs, j’entends toujours les gens demander : « Pourquoi est-ce que tu as besoin que l’asexualité soit reconnue ?! Les personnes asexuelles n’ont aucun problème à surmonter ! » Honnêtement, je suis habituée à ce que le plus grand nombre ignore ma sexualité et que les plus ignorants l’insultent. Mais ce manque de visibilité, ce silence, c’est ça le vrai problème.

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L’asexualité et les normes dominantes de sexualité

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Imaginons une personne qui n’éprouve pas d’attirance sexuelle. Imaginons encore qu’elle soit mise dans un environnement où elle serait libre de parler de désir et de plaisir, de créer des relations, et de mener sa vie sans que son manque de sexualité ne devienne jamais un problème. Cette personne se sentirait sexuellement « normale » et ne ressentirait aucun désir de s’identifier comme asexuelle ou de se regrouper avec d’autres personnes asexuelles. […]

Imaginons à présent cette même personne dans un environnement différent, où elle est sans cesse rappelée à son manque de sexualité. Dans cet environnement, des choses comme l’intimité et l’attirance sont associées étroitement à des préoccupations de nature sexuelle qui n’ont pas leur place dans la vie de cette personne. On attend sans cesse de cette personne qu’elle pense et qu’elle ressente ce qu’elle ne pense pas et ne ressent pas. Ce deuxième environnement pourrait très bien donner naissance à des sentiments de confusion et d’isolement qui à leur tour pourrait mener au développement d’une identité asexuelle.

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Asexualité et LGBT : plaidoyer pour une inclusion

C’est Rising Sun de AVEN qui a traduit le texte. Merci ! (L’original, sur le site de Asexual Awareness Week)

 

1- La place de l’asexualité dans le mouvement LGBT

On entend souvent dire que les personnes asexuelles n’ont rien en commun avec les personnes lesbiennes, gays, bi-e-s ou trans et qu’elles ne partagent aucun des problèmes et des désavantages de ces dernières, si ce n’est le fait d’appartenir à une minorité sexuelle. Qu’en est-il ?

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Le 26 avril, c’est la journée de l’asexualité

Nous organisons pour la première fois le 26 avril une « Journée de l’asexualité » avec AVA. Je vous mets à la suite le court texte que nous avons écrit pour présenter la journée. Si vous voulez apporter votre contribution : allez voir par ici.

 

Cette année, AVA organise pour la première fois une « journée de l’asexualité » le 26 avril. Une journée de l’asexualité, c’est une occasion unique pour se faire entendre. Face au silence qui règne 364 jours par an, nous avons décidé de créer notre propre journée. Une journée pendant laquelle notre parole nous appartient.

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La normativité sexuelle

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De la même manière que l’hétéronormativité positionne l’hétérosexualité comme la façon d’être normale, universelle et socialement désirable ; la normativité sexuelle positionne la sexualité comme une façon d’être normale, universelle et socialement désirable. Cette normativité sexuelle postule que toute personne est sexuelle tant qu’elle n’affirme pas le contraire. De surcroit, l’asexualité y est présentée comme nécessitant une explication et un possible traitement médical tandis que la sexualité est tout simplement, et souvent de manière non questionnée, pensée comme la façon d’être normale.

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Le genre est sexuel

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Une des punitions qui nous tombe dessus quand on ne performe pas notre genre correctement*, c’est de ne pas être sexuellement attirant-e. Donc quand on est une femme, on a tout intérêt à être féminine. Si on ne le fait pas, on ne sera pas attirante sexuellement** et on aura du mal à trouver une relation (sexuelle) de couple.

Mais quand on est asexuel-le, c’est déjà le cas. Quand on est asexuel-le on ne crée pas de relations sexuelles avec les autres. Et donc la seule raison qu’on peut avoir pour être féminine, c’est que ça corresponde à ce que nous sommes. On ne va pas essayer d’être féminine ou masculin pour plaire sexuellement. Donc en un sens, quand on retire la volonté de se rendre attirant-e sexuellement, le genre devient moins important. Et en même temps, l’importance qu’il conserve est en quelque sorte plus authentique, puisqu’elle correspond vraiment à quelque chose que l’on veut exprimer.

En fait, le genre est pour une énorme part exprimé par et dans la sexualité. L’expression de notre sexualité est parfois notre genre tout entier. Et la question qui se pose c’est donc : à quoi peut bien ressembler l’expression d’une asexualité. Parce qu’au fond, apprendre à maîtriser son identité de genre sans sexualité, c’est pas du tout évident.

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Est-ce qu’on peut parler d’intimité sans parler de sexe ?

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« Ma définition de l’intimité est plutôt large. Pour moi, une relation intime est une relation dans laquelle on n’a pas peur de se rendre vulnérable. Et dans notre société, l’intimité est fortement associée au sexe. La capacité pour une personne d’être connectée avec une autre est en grande partie sexualisée. Et c’est plutôt étrange. Car je ne vois pas pourquoi toutes les relations importantes ou toutes les formes d’intimité émotionnelle devraient être sexuelles.

Ça m’est déjà arrivé de discuter avec des personnes de ce qu’elles appelaient leur « sexualité ». Et au bout d’un moment, je me rendais compte que sous ce mot il y avait tout un tas d’émotions et de sentiments différents. Certaines fois ça avait à voir avec la sexualité et d’autre fois pas du tout. C’est comme si elles n’avaient pas d’autre langage que celui de la sexualité pour exprimer ce qu’elles ressentaient. »

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Pour créer une dialogue honnête sur la sexualité, il faut aussi parler d’asexualité

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« Dans notre société, qui fait du sexe un argument marketing, parler de sexe revient parfois à le glorifier sans aucun recul. Je pense que c’est important d’avoir conscience que glorifier le sexe ou le présenter comme nécessairement supérieur aux autres façon de se connecter avec les autres n’est pas un choix anodin.

En fait, je pense que si vous voulez créer un dialogue honnête sur la sexualité, il faut aussi parler d’asexualité. Pour célébrer la sexualité, il faudrait aussi célébrer le fait que le sexe est parfois ennuyeux et qu’il y a d’autres façons d’entrer en contact avec les gens. Au jour d’aujourd’hui, même dans les espaces ouvertement pro-sexe, ce ne sont pas des sujets faciles à aborder à voix haute. »

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L’amour et l’amitié : quelle est la différence ?

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« Dans la communauté asexuelle le terme « célibataire » n’existe pas. Pourquoi ? Parce qu’utiliser le mot « célibataire » suppose que les relations amoureuses sont la seule source d’intimité valable dans notre vie. En fait, on préfère plutôt utiliser des mots comme « romantique » ou « aromantique » pour décrire nos relations. Quand des personnes asexuelles s’échangent des nouvelles, elles ne parlent pas seulement de leurs relations, elles parlent aussi du modèle de cette relation. Et finalement, chaque personne asexuelle finit par élaborer sa propre vision de l’intimité et du fonctionnement des relations.

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