Pensez-vous que la sexualité soit trop présente dans la société actuelle et autres questions

Les réponses que j’ai données lors d’une petite interview à la suite du lancement d’AVA.

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Tout d’abord, l’asexualité avait été très présente dans les médias il y a deux ans. Qu’est-ce qui a changé?

Il y a deux ans, je ne savais pas que l’asexualité existait. De mon côté, donc, tout a changé. Mais ce n’est sans doute pas le sens de votre question. Vous me demandez peut-être : la presse a déjà parlé d’asexualité il y a deux ans, qu’y a-t-il de nouveau, pourquoi s’y intéresser à nouveau ? Comme toutes vos questions, cette question est complexe et fascinante.

La réponse simple, déjà. D’abord, nous avons fondé une association qui s’appuie sur notre expertise : nous savons de quoi nous parlons. Nous maîtrisons notre sujet, qui est un sujet complexe et nous sommes donc en mesure de communiquer. Nous y reviendrons.

Ensuite, et je pense que c’est le point le plus important, l’asexualité est nouvelle. Et dans le contexte de la rencontre entre sexualité et médias, « nouveau » signifie trop souvent « bizarre », « sensationnel » ou « ridicule ». Donc, reparler de l’asexualité, c’est aussi en parler sans s’arrêter à la simple incongruité. Il s’agit d’essayer de dépasser le simple : « c’est bizarre ». C’est essayer de voir qu’au-delà du sensationnel, il y a quelque chose à comprendre.

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Pourquoi milite votre association? Pourquoi l’avoir fondée?

Je discutai récemment avec une amie pour savoir si le terme « militant » nous convenait. Je dirais qu’en l’état actuel des choses, « activiste » me convient mieux. « Militant » véhicule l’idée une organisation stricte qui convient mieux à mes ami-e-s d’Act-Up Paris qu’à moi.

En ce qui concerne le « pourquoi » d’une telle association, je pense qu’il est important de faire la différence entre les faits et leurs effets. Comme je l’ai écrit sur Sexpress :

    Une personne asexuelle est une personne qui ne ressent pas d’attirance sexuelle. Une personne qui ne ressent pas de désir sexuel. Je ne ressens pas, à l’intérieur de moi, le désir d’impliquer la sexualité dans mes relations avec les autres.

Cela est une question de fait. Il y a des personne qui sont comme je viens de l’écrire. Tony Bogaert a estimé leur nombre à 1% de la population mondiale. Kinsey pensait qu’il y en avait plus. Mais cela reste une question de fait.

Passons aux effets maintenant. La question qu’il faut se poser c’est : qu’est-ce que ça fait d’être asexuel-le ? Pour bien comprendre cela, il faut garder en tête ce que les hétéros pur sucres on parfois tendance à oublier : la sexualité, c’est aussi un lieu d’angoisse. La sexualité n’est pas un domaine anodin de l’existence. La sexualité est liée sans les recouvrir à l’affection, au genre, au plaisir, au compagnonnage, à la reproduction, à la santé, etc. C’est en même temps un lieu de normes et de pressions considérables : normes hétérosexistes, norme de genre, normes de santé, etc.

En gardant cela en tête, il faut maintenant essayer de comprendre ce que l’asexualité peut avoir comme effets. Et je renvoie encore à l’article de Sexpress :

    Être asexuel-le n’est pas une sinécure. Dans un monde où le sexe est considéré comme essentiel pour être une « vraie » personne, beaucoup de personnes asexuelles ont honte de leur situation, elles ont le sentiment « d’avoir un problème », de ne pas être « normales ». D’autres ont le sentiment de subir une solitude qu’elles n’ont pas choisie, qui leur pèse et dont elles ne savent pas comment sortir. D’autres encore s’enferment dans des relations de couple malheureuses pour essayer à tout prix d’être « normales ». Sensibiliser le public à l’asexualité, c’est avoir la chance de dire : vous n’êtes pas seuls. Vos sentiments et votre vécu n’ont rien de honteux.

Solitude, enfermement, sentiment d’anormalité sont malheureusement des conséquences possibles de l’asexualité. J’insiste évidemment sur la possibilité : toutes les personnes asexuelles ne sont pas confuses ou malheureuses, bien évidemment et bien heureusement.

Je pense que nous arrivons au terme de ma réponse. Parler, par le biais d’une association, c’est largement tenter de diminuer, de résorber ces conséquences néfastes. Cela passe par une éducation, mais aussi par une affirmation. Il s’agit de bien faire comprendre que nous n’avons pas honte. Nous ne sommes pas défaillants. Nous sommes des sujets, comme les hétérosexuel-le-s. Notre sexualité est digne et intéressante, comme les hétérosexuel-le-s. Nous sommes capables de parler de notre sexualité par nous-mêmes, sans que l’on soit obligé de convoquer des experts en pathologies imaginaires pour qu’ils viennent nous expliquer notre vérité.

Pour ce qui est de l’esprit de AVA, je vous conseille de lire ce petit texte qui le résume assez bien.

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Pensez vous que la sexualité soit trop présente dans notre société actuelle?

Je dois dire que cette question me fascine. Elle me fascine à plusieurs niveaux. Elle me fascine déjà en tant que telle : y a-t-il trop de sexualité ? De quelle sexualité parlons-nous quand nous disons qu’il y en a trop ? Et ainsi de suite. On va y venir.

Mais ce qui me fascine, c’est surtout l’intention qui se trouve derrière. Je m’explique. Lorsque l’asexualité est apparue dans les médias français, une idée est immédiatement apparue avec elle : l’asexualité serait (en réalité) une critique contre le sexe. Cette position, défendue par des experts auto-désignés et des journalistes paresseux, semblait aller parfaitement de soi. Comme si la seule raison qui pouvait pousser ces (pauvres) gens à se déclarer « asexuels » était en fait une charge dissimulée contre la sexualité. C’est personnes « asexuelles » étaient en fait des ennemis de la sexualité. Ils avaient sans aucun doute un agenda caché. Il fallait donc de toute urgence défendre la sexualité contre ces vilains asexuel-le-s…
Une intrigue qui ne manque pas de piquant. Totalement fausse cependant.

La première chose à dire c’est que l’asexualité, ce n’est pas l’antisexualité. Il n’y a rien dans l’idée d’asexualité qui permette de juger ou de condamner les pratiques consensuelles de chacune et de chacun. En ce qui nous concerne à AVA nous sommes largement pro-sexes. Nous ne pensons pas que la sexualité soit une chose négative ou dangereuse. Chacun devrait pouvoir avoir tout le sexe consensuel qu’il veut avec les personnes du genre qu’il veut. Ou pour le dire autrement, le rapport à la sexualité de chacune et de chacun est valide et normal du moment qu’il ne fait de mal à personne. Je vous renvoie à un article intitulé « Les deux sens du mot pro-sexe » qui explique tout cela très bien et au site d’AVA.

Voilà donc la première partie de la réponse : être asexuel-le, cela ne signifie pas que l’on juge la sexualité ou que l’on la condamne. Je ne pense pas dans ce sens qu’il y ait « trop » de sexualité.

La deuxième partie de la réponse suppose de distinguer, dans la sexualité, ce qui relève du discours. Car la sexualité, c’est aussi un discours. Et parmi tous les discours que l’on entend sur la sexualité dans nos sociétés, il est clair qu’il y en a certains qui me heurtent. Il y en a beaucoup qui me heurtent. Il y a les discours homophobes qui voudraient réduire la sexualité (normale) à la sexualité entre des personnes de sexe opposé. Il y a les discours antisexuels, qui voudraient que la sexualité soit quelque chose de mauvais ou de dangereux. Il y les discours sexistes qui voudraient renier telle ou telle part de la sexualité féminine. En ce sens, je peux dire qu’il y a trop de discours sexistes, trop de discours homophobes dans notre société.

Pour continuer dans cette veine des discours sur la sexualité, je pense aussi qu’il y a un certain nombre de discours qui essaient de faire du sexe quelque chose d’obligatoire. J’ai d’ailleurs détaillé cette idée dans un article qui s’appelle « 5 histoires sur le sexe auxquelles je ne crois plus du tout » inspiré librement des travaux d’une chercheuse qui se nomme Ela Przybylo.

Selon ces discours de « normativité sexuelle », pratiquer la sexualité serait une sorte d’obligation. Ce thème prend plusieurs formes. Il peut s’agir d’associer la sexualité et la nature, en supposant que ce serait « contre-nature » de ne pas avoir telle ou telle sexualité. Il peut s’agir d’associer la liberté et la sexualité. Pour être libre, dans la vie, il faudrait être sexuel-le. On peut aussi associer le sexe et la santé : les gens pas assez sexuels sont des gens malades. Ou associer le sexe et la connaissance de soi : il s’agirait de se découvrir dans et par la sexualité. On peut enfin présenter comme contradictoire des expériences amoureuses non sexuelles. Le sexe serait le ciment du couple, blablabla.

Pour être tout à fait clair, je pense que ces discours sont néfastes. Ils se donnent comme absolument nécessaires et vrais de tous temps, mais ils ne sont pas. Il n’y a qu’à voir le phénomène des amitiés amoureuses au XIXe siècle pour s’en convaincre.

Donc pour répondre -enfin!- à votre question : je ne pense pas qu’il y ait trop de sexualité dans nos sociétés. Il faudrait d’abord s’entendre sur la sexualité en question dont on parle. Je pense par contre que certains discours sur la sexualité sont nocifs, en particulier ceux qui voudraient faire de la sexualité quelque chose d’obligatoire. Pour conclure en un mot, je pense que la liberté sexuelle, c’est aussi la liberté de ne pas être sexuel-le. Ça devrait être évident.

***

 

Dans les années 70, l’expression misère sexuelle est née. En quoi les asexuels ne sont pas dans cette situation?

Un petit tour sur wikipédia plus tard et me revoilà. Une petite définition :

    « La misère sexuelle consiste principalement dans l’absence ou la faiblesse de vie sexuelle non reproductive »

Je ne crois que je ne pouvais pas trouver une meilleure illustration à cette idée de normativité sexuelle. Je ne sais pas si c’est clair pour vous mais cette définition établit l’équivalence entre l’absence de pratique sexuelle et une situation de « misère ». On remarque qu’elle ne précise pas qu’il s’agit des personnes qui veulent avoir du sexe mais n’en n’ont pas, mais elle inclut au contraire tout le monde. Une autre définition :

    Misère :

    1) condition, état de celui qui inspire la pitié
    2) Privation des choses nécessaires à la vie.

Je ne crois vraiment pas que ne pas avoir de pratiques sexuelles doit inspirer la pitié ni que les pratiques sexuelles soient nécessaires à la vie… Je pense que cette expression est mal choisie en elle-même.

Maintenant, en ce qui concerne la différence avec l’asexualité, c’est très clair. Il s’agit dans la « misère sexuelle » (oh mon dieu, je hais cette expression maintenant) d’une absence de pratique, c’est-à-dire d’une abstinence. Il est aussi supposé dans la définition que c’est une abstinence forcée. Ce sont donc des personnes qui veulent avoir du sexe mais qui ne peuvent pas en avoir. Situation, qui, je le reconnais, doit être prise au sérieux.

Dans l’asexualité, il s’agit de personnes qui ne désirent pas avoir de pratiques sexuelles. C’est une question d’attirance ou de désir. Le fait qu’elles en aient ou non effectivement ne change rien à leur asexualité. Supposons une personne asexuelle qui pratique la sexualité avec son ou sa partenaire (comme cela arrive), elle n’est pas abstinente, elle est pourtant asexuelle.

En un mot, la « misère sexuelle » (ouch!) ce sont des personnes qui voudraient avoir plus de sexe mais qui ne peuvent pas et qui en souffrent. Tandis que l’asexualité, ce sont des personnes qui ne veulent pas avoir de pratiques sexuelles parce qu’elles n’en ressentent pas l’envie.

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Depuis quand l’asexualité existe-t-elle? Est ce récent?

Il faut encore distinguer entre deux situations différentes.

Il y a d’abord le fait de ne pas ressentir d’attirance sexuelle. Cette réalité a, jusqu’à preuve du contraire, toujours existé. La sexologie nous a d’ailleurs étiquetés depuis sa création. Krafft-Ebing appelait cela « Anesthesia sexualis » au début du XXe siècle. Freud en a parlé quelque part ainsi que Kinsey qui nous a nommé le « groupe X » et a même donné des chiffres à ce sujet. Il faut donc penser que le fait de ne pas ressentir d’attirance sexuelle est une réalité qui a toujours existé.

Mais il n’y a pas qu’une question de fait, il y aussi la manière dont ce fait est pensé, c’est-à-dire avec quoi il est mis en relation dans un contexte social donné. Or, que l’asexualité soit pensée comme elle l’est aujourd’hui est un phénomène récent.

Pour prendre quelque exemple très évident : qu’elle soit pensée comme une orientation sexuelle, qu’on fasse la distinction entre les asexuel-le-s romantiques et les asexuel-le-s aromantiques, qu’il y ait un propos « politique », qu’il y ait une mise en relation avec les groupes LGBT, etc. Tout ceci est très récent. Si vous voulez en savoir plus n’hésitez pas à lire cet article qui est très bien documenté. En gros, depuis l’avènement d’internet, des groupes se sont rassemblés et ont discuté de manière à établir les idées essentielles qui définissent l’asexualité aujourd’hui. Il y a eu surtout un phénomène d’invention de termes de manière à pallier aux déficiences des langues naturelles, phénomène remarqué par les chercheurs, en particulier dans cet article.

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Est ce que l’abondance de sexe dans le discours ambiant entretient l’asexualité?

C’est vraiment une idée qui me heurte et je pense que je pourrais écrire pages après pages sur le sujet. Je vais évidemment m’en empêcher ! La réponse courte est non. Non, non et non. La réponse longue, la voici :

Il faut d’abord dire que c’est un discours de sexologue. La dernière sortie en date est d’un certain Gérard Leleu. Il faut tout de même garder à l’esprit que la sexologie est un discipline ambiguë, surtout en ce qui concerne les sexualités qui sont jugées négativement par la société. Des classifications internationales présentaient l’homosexualité comme une maladie jusque dans les années 70… Il y a de quoi se demander, la sexologie : science ou auxiliaire des forces conservatrices de la société ? Je ne développe pas, mais il faut garder le soupçon en tête.

Intéressons-nous maintenant à la forme de l’idée. Il s’agit en gros de dire : l’asexualité est une réaction à la surexposition à des contenus sexuels dans nos sociétés.

Parmi les multiples choses qui me hérisse il y a :
l’idée que nous sommes en train de vivre une sorte de décadence sexuelle. Il y aurait trop d’images, la pornographie serait trop présente. C’était mieux avant quand les gens avaient du « vrais » sexe, bien comme il faut, etc.
L’idée que la sexualité est dangereuse et que si on s’y expose trop, on risque le pire. Le porno serait dangereux, il pervertirait la « vraie » sexualité, etc. Trop de porno « dégoûterait », etc.

Mais à la limite tout cela ne concerne pas l’asexualité. Ce qui concerne l’asexualité, c’est cette idée que l’asexualité doit être expliquée. Qu’il ne s’agit pas de savoir ce que ces personnes veulent, pensent, ressentent. Non, ce qui est important, c’est de trouver la « cause », l’explication à cette « anormalité ». En un mot, que l’asexualité est une situation anormale à laquelle on doit chercher une cause pathologique. C’est exactement ce que le sociologue Mark Carrigan appelle : « L’hypothèse sexuelle ».

    L’hypothèse sexuelle est la présupposition généralement non questionnée que l’attirance sexuelle est à la fois universelle (tout le monde « l’a »), uniforme (c’est la même chose dans tous les cas) et que son absence doit pouvoir être expliquée par une pathologie identifiable.

On peut lire la traduction et quelques commentaires ici. Pour dire encore la même chose différemment et pour conclure en même temps, poser cette question de la « surexposition à la sexualité », c’est forcément supposer que l’asexualité est un problème, une pathologie. Cette mentalité -typiquement sexologique- est un véritable problème.

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Combien de membres comptez-vous?

Il y a 4 membres actifs à AVA. Et nous sommes fabuleu-se-s !

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Combien d’asexuels il y a en France?

Comme je vous l’ai dit, les chiffres varient légèrement selon les études. Si l’on s’en tient aux chiffres de Tony Bogaert, il y a 1% de personnes asexuelles, soit 650 000 en France. Si l’on utilise les chiffres de Kinsey, on obtient un chiffre supérieur.

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Où en est la recherche scientifique?

Vaste question. Deux réponses rapides.

La première question que vous vous posez est je suppose : quelle est l’attitude de la recherche scientifique face à l’asexualité. Dans un article récent, la chercheuse Ela Przybylo s’intéresse à cette question.

Elle remarque trois choses :


    Depuis 2004, la recherche scientifique a adopté un attitude positive envers l’asexualité, en reconnaissant sa validité, sa légitimé et son existence.

    Le deuxième point, c’est que les chercheurs et les chercheuses s’efforcent le plus souvent de « dépathologiser » l’asexualité, c’est-à-dire de la séparer des catégories de « maladies » et de « troubles ».

    Le dernier point, c’est que ces travaux tendent à élargir la notion de diversité sexuelle de manière à y inclure l’asexualité.

En ce qui concerne l’état du « savoir » sur l’asexualité, la question demanderait plus de temps que je n’en dispose. Je vais faire court. Un excellent résumé se trouve ici. N’hésitez pas à me demander, je vous en enverrais une copie.

    Les trois points qui ont été abordés au dessus.

    La légitimité de nommer l’asexualité une « orientation sexuelle ». Majoritairement, la réponse est oui.

    La diversité que l’on retrouve parmi les personnes asexuelles :

      Romantique/aromantique
      attitude face au sexe : repoussé, indifférent, etc.
      Intérêt en fonction du genre des personnes : homoromantique, biromantique, hétéroromantique, etc.

    La prévalence de l’asexualité. 1% est le chiffre de Bogaert (2004)

    L’asexualité en tant qu’elle représente un défi adressé aux représentations dominantes de la sexualité.
    Elle met en question l’idée que le désir sexuel est un attribut universel (voir supra)
    Elle remet en question des présupposé normatifs sur ce qui est considéré  :

      une vie saine
      une sexualité normale
      ce qui est sexuel, ce qui ne l’est pas
      ce qu’est une relation intime épanouissante

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