Je suis Agenre

Je suis Tagath, je suis asexuel, et comme je l’ai expliqué ailleurs, je suis agenre

Okay, et ça veut dire quoi agenre ?

Que je ne sais pas orthographier agence ? (d’après google… oui)

Que j’appartiens à une espèce qui fonctionne par reproduction non-sexuée ? (après avoir réussi à convaincre google que je savais taper correctement… il semblerait que oui)

Que je suis asexué, donc asexuel ? (par un curieux hasard, oui, aussi, mais c’est un tout autre problème et ma sexualité n’a rien à voir avec mon genre)

Agenre, ça veut dire que je ne suis ni un homme, ni une femme, ni entre les deux.

Et c’est tout.

Oh, bien sûr, mon corps a quelques parties optionnelles qui déterminent un sexe biologique. Autrement dit, je produit des ovules ou des spermatozoides. C’est ça, le sexe: savoir quel type de gamètes vous produisez.

Mais on peut avoir des ovaires et être une femme, un homme, bigenre (un peu homme, un peu femme) ou agenre (ni l’un, ni l’autre). De même on peut produire du sperme et être un homme, une femme, bigenre, ou agenre. (ou encore autre chose d’ailleurs : je ne vous donne que les grandes options ici, mais le spectre du genre est large et varié!)

Le genre, donc, c’est dans la tête. Mais comme beaucoup de gens sont dans leur tête ce qu’ils sont dans leur corps, ils ont du mal à concevoir que ça ne soit pas pareil pour tout le monde. Du coup, ils ont tendance à croire que tout ce qui compte c’est le corps, que le reste c’est juste faire son intéressant. Or, pour reprendre les mots immortels d’un grand homme : « Bien sûr que ça se passe dans ta tête, mais pourquoi donc faudrait-il en conclure que ce n’est pas réel ? »

Et moi, dans ma tête, je ne suis ni homme, ni femme.

Je suis agenre.

Mais alors, je couche avec qui, hein ? Parce que c’est ça la question vraiment intéressante, hein ?

Sauf que justement, ça n’a rien à voir. Je vous parle de genre là, pas de sexualité ou de romance. Je peux être agenre et aimer les hommes, ou les femmes, ou les gens qui se situent ailleurs dans le spectre du genre. Je peux même carrément être dans le cas où le genre des gens en face de moi n’a aucune importance lorsque vient le moment de décider qui inviter dans mon lit. Je peux aussi ne vouloir inviter personne dans le lit en question.

Mais tout ça, c’est de la sexualité et de la romance.

Et pour l’instant, je vous parle de genre. Et de la même manière que ma couleur préférée ne vous renseignerait pas sur mon style de musique préféré, mon genre ne vous dit rien sur mes préférences amoureuses.

Je suis agenre.

Et j’espère avoir pu vous aider à comprendre un peu ce que ça veut dire.

(et si quelqu’un juge que j’ai mal expliqué certains choses, n’hésitez pas à me le signaler. Ou si vous avez des questions. Ou des liens à partager sur le sujet. Ou n’importe quoi d’autre en fait)

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10 réflexions sur “Je suis Agenre

  1. Merci pour ce super article tagath c’est exactement ce à quoi je m’intéresse, aux relations entre le genre et l’asexualité. J’aimerais si possible qu’on échange un peu par mail sur la question.

    Bonne soirée!!
    Lucie

  2. Bonjour Tagath.
    J’ai l’impression que vous définissez le gendre avant tout par ce que ce n’est pas. Donc, j’ai bien compris, le genre ce n’est pas le sexe, ce n’est pas la sexualité, ce n’est pas la romance.
    Mais tout ce que vous dites sur le genre, c’est que c’est dans la tête, et que ça peut (grosso modo) être le genre homme, gemme, quelque chose entre les deux ou aucun des deux (ce qui, semble-t-il, est votre cas).
    Une question me taraude alors, car pour moi c’est sur elle que repose toute la compréhension de ce qu’est le fait d’être agenre :
    Qu’est-ce que le fait d’être un homme ? Une femme ?
    Si vous acceptez de répondre à ces deux questions, il devrait m’être plus facile de situer ce qui peut être entre les deux, et ce qui peut être ni l’un ni l’autre.

    Or, j’ai déjà une petite idée (à vous de confirmer ou d’infirmer qu’elle correspond à votre vision des choses) de ce que sont le genre, mais elle ne me satisfait pas. Elle est même horriblement sexiste.

    La société donne en général un rôle social et un comportement-type aux hommes et aux femmes, et associe ce comportement genré au sexe (genre masculin pour les sexes masculins, genre féminin pour les sexes féminins).
    Le genre féminin serait donc celui qui fait s’occuper des tâches ménagères, qui est attentionné, patient, qui élève les enfants, qui est plus axé sur le social etc…
    Le genre masculin serait celui qui aime la compétitivité, qui a de l’ambition, es objectifs, qui domine, qui est le chef de famille…

    Selon moi, tout le monde est différent, donc le concept même de genre est absurde.

    Qu’en pensez-vous ?

    • C’est vrai que même maintenant, dans notre belle époque « libérée », est féminine la personne qui s’affirme comme sensible, qui s’occupe de la maison et des enfants, et comme masculine celle qui est « forte » et qui fait preuve d’ambition et d’autorité. Et c’est un peu problématique comme répartition, mais surtout parce que les personnalités féminines sont considérées comme inférieures à celle plus traditionnellement masculines. Je pense que c’est de ce jugement de valeur que viennent pas mal de problèmes, mais ça après c’est un avis personnel.
      Je pense que chacun se fait une idée différente de ce qu’est un homme ou une femme, selon l’éducation, le milieu ou on grandit, les exemples qu’on a. Et chacun, en somme, pioche des petits bouts d’identité dans ce qu’il voit, et se définit par rapport à ça. Mais il y a aussi quelque chose d’inné dans le genre, pour preuve les transgenres dont certains, dès la petite enfance, sentent un décalage entre ce qu’on leur dit qu’ils sont et se qu’ils se sentent être.
      Après, quant à l’absurdité du genre… oui et non. Quelque part ça a souvent bien marché. Un problème cependant est le fait que pour le grand public, ça soit quelque chose d’absolument rigide (on est ce qu’on nait) et aux catégories pré-déterminées (garçon ou fille). Je pense que s’il devenait possible de faire accepter plus de flexibilité dans ces concepts, le genre serait quelque chose de moins problématique… et si ça devait ne pas marcher alors ce progrès peut toujours servir comme une étape pour faire disparaître le concept, à terme.
      voilà… je suis loin d’être expert sur le sujet après, et il n’est pas impensable que je raconte de grosses conneries, mais pour moi c’est comme ça que ça marche probablement?

    • Bonjour Zir,

      J’aimerais répondre à votre question en évoquant la différence fondamentale qui existe entre l’identité de genre et l’expression de genre. En terme de définition, l’expression de genre est celle qu’on remarque le plus facilement: Il s’agit de la masculinité ou de la féminité. Comment définir la masculinité ou la féminité? On pourrait probablement définir la masculinité comme étant les comportements majoritairement adoptés et idéalisés par les individus s’identifiants au genre masculin et la féminité comme les comportements majoritairement adoptés et idéalisés par le femmes. Mais le genre peut-il être réduit à l’expression de genre? Un homme peut pourtant être extrêmement efféminé et se sentir complètement homme! Il en va de même pour ces femmes très masculines qui seraient insultés si vous deviez leur dire qu’elles sont des hommes. C’est là qu’entre en ligne de compte l’identité de genre. L’identité de genre, c’est le concept qu’on a de soi-même. Même si l’identité de genre est une abstraction difficile à saisir en mot, la majorité des personnes en ont une perception intuitive. Ainsi, je me perçois en tant que femme, et ce, peu importe l’expression de ma féminité.

      En tant que transsexuelle, j’ai eu la chance connaître intimement et d’expérimenter abondamment mon identité de genre. En effet, il fut une époque fort inconfortable où je tentais de me placarder une identité de genre qui ne me correspondait pas.Le fait d’avoir fait la transition m’a permis de mieux comprendre la nature du genre. Pour faire une analogie, je dirais que pour moi, le fait de faire la transition du genre masculin au genre féminin a été un peu comme de changer de position sur un banc pour en prendre une qui soit plus confortable pour moi. Ma vie est la même, et, bien honnêtement, je ne suis pas beaucoup plus féminine que je l’étais avant (ni plus masculine), mais maintenant, je sens que j’ai atteint ma zone de confort en ce qui concerne l’identité de genre. Pour moi, le voyage s’est fait du genre masculin au genre féminin, avec une période d’incertitude au milieu qui était d’un inconfort difficilement tolérable.

      Je sais qu’il y a en moi un noyau agenré, lequel compose vraisemblablement la majorité de mon identité. À un moment, par peur de ce qu’impliquerait la transition, j’ai essayer de me dire que le genre n’importait pas et,,, grosso modo, de me forcer une étiquette agenre. Le résultat pour moi fut une grande sensation de dépersonnalisation que je ne souhaite à personne. Donc même si le genre n’est qu’un aspect de l’être humain, il demeure tout de même fondamental pour la plupart d’entre eux. En tant que personne trans, j’ai pu expérimenter de nombreuses identité de genre, et c’est comme ça que j’ai pu en trouver une qui me rendait heureuse et qui me permettait de me sentir aux commandes de ma vie.

      Voilà ce qui est le plus important, qu’il s’agisse de l’identité de genre ou de l’expression de genre: De trouver la position dans laquelle nous nous sentons vraiment à l’aise. Celle qui nous permet d’être authentique.

      C’est une longue réponse, mais j’espère qu’elle pourra vous éclairer un peu sur le « mystère du genre ». Je tiens à préciser que même si je mentionne que le genre est primordial pour la plupart des humains, je reconnais qu’il puisse exister des personnes pour qui le genre n’est pas un aspect important de leur identité, ou qui ressentent qu’elles n’ont pas de genre. Encore une fois, c’est une simple question de confort et d’authenticité. Il n’appartient à personne d’autre que la personne elle-même d’évaluer et d’affirmer sa véritable identité, avec tous les aspects qu’elle puisse comporter.

  3. Hey,
    Je poste un petit commentaire, car je suis suis également agenre, donc si ça t’intéresse on pourrait discuter un peu de tout ça, faire connaissance.

  4. Hey.

    Je suis tombée sur cette article et je trouve qu’il retranscrit particulièrement bien cette expérience qu’est celle d’être mal à l’aise dans les cases de genre.
    Je me définis moi-même en tant que bigenre, voire androgyne. De genre féminin et de genre masculin. Mais ni complètement l’un ni complètement l’autre.

    Merci pour ce partage d’expérience.

    Sparwari.

  5. Bonjour,

    Je sais pas si tu trouveras une réponse à ma question, si tu la trouves déplacée ou autre, mais comment as-tu su que tu étais agenre? Malgré avoir lu plusieurs fois l’article, j’ai tout de même du mal à identifier un genre qui n’existe pas, si on considère que le genre n’est pas un fait de la société.

    Je trouve très intéressant ce développement du Genre dans notre société, puisque comme tu le dis, il y en a une multitude et comme sait-on de quel genre on est. Si tu penses pouvoir répondre à ma question (et puis il semblerait que je sois très en retard).

    Merci

    • Je ne sais pas vraiment comment je l’ai su, en tout cas ça a toujours été plus ou moins le cas chez moi. Je ne me reconnais pas là dedans. Je ne reconnais pas les caractéristiques qu’on accorde aux femmes et aux hommes. Je ne comprends tout simplement pas la manière dont on colle des étiquettes de genre sur la tête des bébés en fonction de leur sexe avant même qu’ils soient capable de dire s’ils aiment les licornes ou les dragons. Ou s’ils préfèrent le rose ou le bleu. Je ne me sens pas correspondre à la définition d’une « fille » au sens commun. Ni à celle de « garçon ». Je me sens à l’aise en me calant entre les deux. Ni rose, ni bleu. Plutôt violet. C’est ainsi que je me définis et me vis au quotidien. Par ailleurs, je suis bisexuelle et me sens attirée par les filles en tant que garçon et par les garçons en tant que fille. Difficile à expliquer mais c’est ce que je ressens. :/

      En gros, je préfère me définir comme androgyne pour cerner mieux mes envies/comportements/postures/goûts vestimentaires.

  6. Merci pour cet article. Il est vrai que Google n’est pas d’une grande aide sur ce sujet, et c’est un manque d’information important que vous venez admirablement combler.
    J’apprécie également la séparation distincte que vous opérez entre romantisme, sexualité et genre. Encore bravo donc, pour cet article bienvenu sur les internets 🙂

  7. Merci pour cette article Tagath ! Enfin un article censée et qui parle bien de la question de « notre genre » si peu connue!
    Mon commentaire arrive un peu tard mais ça serais avec plaisir de converser avec toi! Je te laisse mon mail : kiss_end@hotmail.fr

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