L’asexualité n’existe pas ! (J’espère que c’est clair !)

Je suis tombé sur ce texte-là, écrit par un psychanalyste anonyme sur doctissimo. Je l’aime bien ce texte. Il se sent tellement supérieur et tellement sûr de son savoir, ce M. X, que j’ai eu envie de le rouler un peu dans la farine. Et puis aussi, c’est comme une série que je fais. Après « Pour en finir avec l’asexualité », je fais maintenant : « L’asexualité n’existe pas ! ».

L’asexualité n’existe pas !

C’est encore une catégorie créée de toutes pièces, un pur produit de cette époque sans réelle signification, dans lequel on range des choses totalement différentes les unes des autres.

Il suffit de lire les témoignages des personnes qui se reconnaissent asexuelles pour voir la confusion qui règne derrière cette étiquette.

Ce sont en fait des problèmes bien connus, mais qu’on habille à une mode nouvelle :

-libido faible, frigidité

-blocage inhibition ou refoulement lié soit à une éducation trop stricte, soit à un traumatisme important.

-perversion, dans le cas des personnes chez qui le désir s’est totalement retourné sur soi, et qui vivent une sexualité exclusivement masturabtoire, alimentée d’ailleurs souvent par la pornographie et la représentation médiatique du sexe.

En conclusion, plutôt que de se réfugier derrière ce genre de concept à la mode, et de faire du « c’est mon choix, c’est comme ça je suis asexuel(le), on ferait mieux de creuser la question et de différencier les problèmes en recourant aux termes existant, qui sont nettement plus appropriés.

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J’ai l’impression que M. X est très embêté. Et ce qui embête M. X, au fond, c’est que les médecins et les psychiatres n’aient plus un pouvoir complet sur la sexualité des personnes. Ce qui embête M. X c’est que j’ose refuser le nom que lui et ses petits copains m’ont forcé à prendre et dont je ne voulais pas. Ce qui embête M. X, c’est que j’ose refuser de me penser et d’être pensé comme un malade sexuel.

Et plus encore, ce qui l’ennuie, c’est que je me retourne maintenant vers lui pour lui demander : qu’est-ce qui a pu vous faire croire que vous aviez le droit de dire ça ? De séparer les sexualités normales et les sexualités anormales ? De créer des sexualités malades et des sexualités correctes ? Qu’est-ce qui a pu vous faire croire que c’était à vous de faire la police politique de la sexualité ? Et évidemment, il est bien embêté, parce qu’il n’en a aucune idée. Il ne sait absolument pas d’où provient cet écœurant sentiment de supériorité qui l’habite.

Ce qu’il veut en tout cas, c’est que j’utilise ses mots à lui pour parler de moi. Ça c’est important. Frigide, pervers et bloqué. C’est avec ces mots-là qu’il veut que je me pense. Et pas avec d’autres ! Alors oui, évidemment, si ces mots me mettent dans une position de malade, si je dois me sentir coupable et honteux toute ma vie, c’est vraiment pas de chance. Mais au moins, j’ai utilisé les bons mots !

Et que je n’aille pas essayer de remplacer frigide par asexuel-le. Ça non ! Cette nouvelle mode de vouloir penser par soi-même, c’est insupportable. Cette nouvelle mode de vouloir redéfinir ses propres expériences dans des termes qui ne soient ni insultants, ni humiliants, ni pathologiques, c’est insoutenable pour M. X.

Il ne lui viendrait pas à l’esprit, à M. X, que je me mette en tête de lui imposer des mots pour se penser. Non, bien sûr. Quand on est hétérosexuel, on est normal. On n’a même pas besoin de mots pour se décrire.

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NB : quand il écrit « c’est encore une catégorie créée de toute pièce », on n’ose imaginer ce à quoi « encore » fait référence.

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8 réflexions sur “L’asexualité n’existe pas ! (J’espère que c’est clair !)

  1. Si cela existe la preuve moi meme en personne. Je ne ressens aucune attirance ni pour les hommes ni pour les femmes.

    Ce n’ai pas une maladie mais je suis très bien comme ça.

    Va faire un tour sur Wikipedia.

    Bye

    • Hello Laura,

      Je suis désolé mais c’est un malentendu. Je ne dis pas que l’asexualité n’existe pas, je dis que tel type sur Doctissimo dit que l’asexualité n’existe pas et j’essaie de critiquer son point de vue.

    • Raconte nous ton enfance en détail, la manière dont tu as vécu, tes parents, tes grands parents ainsi que ta vision du monde, et ce sera simple de dire pourquoi tu n’as aucune attirance, crois moi.

  2. Enième psychanalyste qui s’attaque aux asexuels comme ses homologues d’autrefois (il n’y a pas si longtemps) s’attaquaient aux homosexuels (et pas que).

    En plus, il n’est pas très intelligent :

    « En conclusion, plutôt que de se réfugier derrière ce genre de concept à la mode, et de faire du « c’est mon choix, c’est comme ça je suis asexuel(le) »

    C’est pas un choix tête de mort (surtout si « c’est comme ça »), lol en fait il a gardé la même rhétorique que celle utilisée contre les LGBTQS, en l’appliquant cette fois aux A.

  3. Je serais bien curieux de savoir comment vous savez que l’auteur de ce message est psychiatre ou médecin. Car vous basez toute votre argumentation sur le fait que l’auteur serait un psychiatre dérangé de ne pas pouvoir jouer la police des mœurs. Or, rien ne le démontre.

    Ensuite, vous ne contrez absolument pas son argumentation, vous vous contentez d’un discours de pseudo indépendance intellectuelle et de liberté des mœurs. Le pire, c’est que vous avouez vous-même que tout est question de mots, que vous voulez utiliser vos mots à vous C’est précisément ce que vous reproche ce type ! De maquiller la frigidité, les blocages, etc sous des termes plus flatteurs.

    • C’est très intéressant comme commentaire et ça me donne l’occasion de clarifier l’argumentation d’un texte qui est à l’origine évidemment polémique (On ne va pas demander à tout texte polémique de formaliser ses raisonnements comme dans un manuel de logique, n’est-ce pas ?).
      Pour le premier point concernant l’état de l’auteur, c’est juste une hypothèse qui s’appuie sur la vocabulaire, style, attitude, etc.
      En ce qui concerne l’argumentation, mon argument fonctionne de la manière suivante.
      1. Les « problèmes » dont parle l’auteur ne permettent pas de former des catégories naturelles (des espèces dont les limites seraient fixés par la nature et qu’on pourrait délimiter de façon objective). Par exemple les espèces « frigide », « pervers », etc.
      2. Les catégories qu’il prétend indiscutables (pervers, frigide, etc.) sont donc des catégories produites par les hommes pour les hommes et non « trouvées » dans la nature.
      3. Les catégories qu’il désigne (pervers, frigide, etc.) ne sont pas simplement définies par des propriétés factuelles (X est frigide s’il ressent tel quantité de désir sur tel temps) mais aussi par leur aspect désirable/indésirable, bon/mauvais, etc. Par exemple être « frigide » est un état indésirable, être pervers est « mauvais », etc.
      4. Être assigné dans une catégorie qui est considérée comme « mauvaise » ou « indésirable » peut faire souffrir celles et ceux qui y sont assignés.

      Je suppose que vous voyez mieux où je veux en venir à présent. Puisqu’il est évident que personne ne veut souffrir s’il peut s’en dispenser, je conclus c’est une bonne chose que les personnes concernées par une catégorisation qui les fait souffrir et qui ne repose pas sur ds catégories naturelles mais sur des catégories produites par les hommes repoussent ces catégories. Je conclus aussi que puisqu’on peut redécouper (jusqu’à preuve du contraire) autrement les catégories concernant ces sujets, il est préférable de produire une catégorie qui repose sur des propriétés (absence de désir sexuel) mais qui n’inclut pas d’autres aspects néfastes. Il n’y a qu’à voir d’ailleurs l’histoire des catégories sexuelles dans la psychiatrie pour s’en convaincre. Quand on pense à la catégorie « homosexuel » dans années 50 et 60 et qu’on la compare avec la catégorie gay/homosexuel de 2014, on comprend ce que je veux dire…

  4. Je saisis totalement le fait que le terme frigide puisse être dégradant pour une personne asexuelle mais je ne comprends pas en revanche la différence entre une personne frigide et asexuelle dans les faits. Quand je compare les définitions je ne vois pas les spécificités de chaque terme par rapport à l’autre. Si l’on pouvait m’éclairer…

  5. Tout ça est purement ridicule. Le psychanalyste recherche et essaie de comprendre, il en est venu au résultat que ça n’existe pas, normal qu’il le dise !
    Non mais là, on croirait entendre un emo adolescent en pleine crise qui dit « ah ouais et comment tu sais que je suis pas dépressif ? »
    Non mais franchement. L’asexualité n’existe que dans le fait que l’on regroupe plusieurs personnes totalement différentes dans un seul et même groupe.

    C’est comme regrouper un serpent et un crocodile pour former « les reptiles » c’est totalement incorrect, mais la société l’accepte parce que c’est un terme développer PAR la société pour désigner des choses qui se ressemblent ou qui aboutissent au même résultat.

    Arrêtez un peu de vous comporter comme des ados rebelles. Et voyez la vérité en face.
    Par exemple :traumatisé, un sociopathe et une personne élevée trop durement (ou trop largement) ne ressentent tous les trois pas d’attirance pour l’autre, pas d’envie sexuelle.

    Et vous savez comment la société va les nommer ?
    ASEXUELS ! Rien que la construction du mot nous donne la puce à l’oreille. alphabète > ANalphabète. Du coup : sexuel > Asexuel. Ils ont juste fait un mot contraire pour désigner le contraire de sexe. Cela n’a pas une existence propre. ça a des causes bien précises qui ont un nom.

    « l’asexualité » est juste un complément, un élément secondaire, une « finalité », un « résultat ». Elle n’existe pas sans un autre problème. Mais ça, il faut au moins quelques compétences en analyse humaine pour le comprendre. Je suppose (je suppose hein) que ce n’est pas votre cas.

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